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jeudi 7 novembre 2013

Comment va la vie? Se recentrer sur les citoyens

Ce blog de Martine Durand, Chef Statisticien et Directrice de la Direction des Statistiques de l'OCDE, fait partie du focus de Wikiprogress pour le mois de novembre sur le nouveau rapport Comment va la vie?

Mesurer le bien-être est d’autant plus important aujourd’hui, que nos économies et sociétés sont nombreuses à être frappées par la crise financière mondiale. Afin d’en comprendre les conséquences sur la vie des citoyens et de développer des stratégies visant ceux qui en ont le plus souffert, il est nécessaire de regarder bien au-delà de la production économique ou des marchés financiers.   


 La crise financière mondiale a réduit le bien-être matériel des individus 
De nombreux travailleurs ont perdu leur emploi depuis le début de la crise en 2007 et les niveaux de revenu ou de richesse de nombreux ménages ont stagné, voire baissé. Depuis le début de la crise, près de 15 millions de personnes supplémentaires sont aujourd’hui sans emploi dans la zone OCDE. Le nombre de personnes sans emploi depuis plus d’un an a atteint les 16 millions. De plus, entre 2007 et 2010, la pauvreté (relative) de revenu a augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE, notamment parmi les enfants et les jeunes. L’insécurité économique et la pression financière croissantes ont particulièrement affecté les ménages à faible revenu et les moins instruits. 

La confiance envers les institutions a baissé 
D’autres dimensions du bien-être des citoyens ont également souffert de la crise. La satisfaction à l’égard de la vie a considérablement baissé dans les pays les plus sévèrement touchés, tels que la Grèce, l’Italie et l’Espagne. Dans ces pays, les niveaux de stress et de préoccupation tels que constatés par les individus ont augmenté de manière considérable.. Le capital politique des pays a été sévèrement ébranlé : seuls 40% des citoyens de l’OCDE font confiance à leurs gouvernements nationaux – soit le niveau le plus bas depuis 2006. Dans les pays les plus touchés par la crise,  les citoyens ne sont qu’entre 1 et 3 sur 10 à faire confiance à leur gouvernement, un ratio qui a été divisé par plus de moitié depuis le début de la crise.   
De nouvelles formes de solidarité et d’engagement sont apparues 
Dans certains pays, les réponses à la crise ont dépassé la sphère politique publique et ont pris la forme d’une solidarité interpersonnelle plus importante avec des formes variées de participation civique à l’échelle des communautés locales. Malgré une plus grande difficulté à procurer de l’aide financière, un nombre croissant de personnes ont déclaré apporter leur soutien non financier aux autres et avoir offert de leur temps pour aider des personnes dans le besoin au sein de leur communauté. Les familles ont également été des sources de soutien à la fois financier et en nature. Elles ont aussi été un filet de sécurité important, par exemple pour les jeunes éprouvant des difficultés dans leur recherche d’emploi. 
Les indicateurs de bien-être offrent une nouvelle perspective pour l’élaboration de politiques 
Les indicateurs de bien-être peuvent apporter une perspective nouvelle et plus large aux décideurs politiques sur les dimensions qui comptent le plus pour les citoyens. Certaines de ces dimensions telles que l’emploi, la santé ou l’éducation sont depuis longtemps inclues dans leur programme. Mais d’autres indicateurs, mesurées à l’échelle individuelle ou  à celle des ménages, ainsi que leur distribution au sein des groupes de la population, peuvent offrir un nouvel aperçu de la qualité de vie des citoyens. Cette nouvelle édition de Comment va la vie explore en détails deux problématiques du bien-être qui peuvent apporter un nouvel éclairage pour le développement des politiques publiques : les inégalités de bien être entre les hommes et les femmes et le bien-être sur le lieu de travail.   

Les femmes et les hommes peuvent-ils tout avoir? 
Comprendre dans quelle mesure le bien-être varie au sein de la population, et pourquoi, est essentiel afin d’élaborer des politiques plus ciblées et efficaces. Malgré de larges progrès vers une plus grande égalité entre les hommes et les femmes ces dernières décennies, le genre reste un déterminant important de l’inégalité de bien-être dans de nombreux pays. Mais contrairement à l’impression que dresse un portrait uniquement économique de la situation, la question de l’égalité entre les sexes n’est pas uniquement une question de femme. Les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes dans les pays de l’OCDE, par exemple, et elles sont généralement plus instruites. Cependant, les femmes déclarent un état de santé moins bon que celui des hommes ; ont de moins bonnes perspectives professionnelles ; et ont moins de connexions sur lesquelles compter lorsqu’elles cherchent un emploi. Les femmes ressentent  également plus d’émotions négatives  que les hommes. 

Le bien-être au travail: l’importance des emplois de qualité 
Pendant longtemps, les priorités politiques se sont principalement concentrées sur la création d’emplois, l’objectif étant de proposer un travail à chaque personne souhaitant travailler. Cependant, la plupart des individus passent une grande partie de leur vie au travail et ce qui se passe sur le lieu de travail est donc un élément essentiel de leur bien-être. Avoir un bon travail, ou un travail de qualité, ne se limite pas à un salaire élevé ou une carrière dynamique; il s’agit également de travailler dans un environnement propice à l’épanouissement personnel et dans lequel les employés se sentent impliqués. L’autonomie au travail et des objectifs de travail clairement définis conditionnent l’engagement des employés et influent sur leur bien-être. Des pratiques d’encadrement respectueuses ainsi que le soutien de ses collègues sont également importants. Dans ces conditions de travail, il est plus aisé de gérer la pression ainsi que d’assumer des emplois plus exigeants émotionnellement. Ces conditions favorisent également une bonne santé physique et une meilleure productivité. 
   

Se concentrer sur les priorités des citoyens, et améliorer les indicateurs existants ou en développer de nouveaux capables de mesurer le bien-être et le progrès, voici la direction à suivre pour atteindre des vies meilleures, aujourd’hui et demain. 

Cet article a d'abord été publié dans le ProgBlog (accessible ici)

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