Wikiprogress Africa

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mardi 17 septembre 2013

Définir la place de l'éducation dans le programme de développement de l'après-2015

Ce blog, écrit par Ousmane Aly DIALLO, fait partie de la série de Wikiprogress sur l'Éducation. Il résume le nouveau rapport de l'UNICEF, Définir la place de l'éducation dans le programme de développement de l'après-2015.

Les consultations thématiques globales dans le monde ont permis de faire l’état des lieux de la place de l’éducation dans les Objectifs duMillénaire pour le développement tout en permettant la place  que les  citoyens veulent lui  donner dans l’agenda de développement de l’après-2015.

 Dans l’enquête mondiale en ligne de l’ONU, « My World », l’éducation était placée comme première priorité pour 393,000 des 600,000 participants provenant de 194 pays. 64% de ces sondés  avaient moins de 30 ans et plus de ¾ étaient issus de pays en développement[i].

Dirigée par l’UNESCO et l’UNICEF avec l’appui de gouvernements nationaux et de la Fondation William et Flora Hewlett,  ces consultations avaient pour objet général d’ « d’évaluer les avancées et les défis à relever dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour ledéveloppement (OMD) relatifs à l’éducation adoptés en 2000 et des objectifs plus généraux de l’éducation pour tous (EPT), en vue de développer une vision holistique de la meilleure manière de refléter l’éducation, la formation et l’apprentissage dans le programme de l’après-2015 ».

L’équité, l’accès et la qualité de l’éducation ont été au centre des demandes des participants et cela se reflète dans la vision de l’éducation pour l’après-2015 qui se décline ainsi : « Éducation équitable de qualité et un apprentissage tout au long de la vie pour tous ». Cet objectif doit permettre à toutes les sociétés de développer les compétences, connaissances et innovations nécessaires pour relever les défis politiques, économiques, technologiques, sanitaires et environnementaux actuels et futurs et pour rester sur la voie du développement durable.

mercredi 15 mai 2013

Mobile Technology’s Role in Combating Global Poverty and Enabling Entrepreneurship


Data from the World Bank show that one quarter of the world’s population live at or below the poverty line (1.25$ per day). Lack of capital to start small businesses and to save in order to invest is one of the barrier preventing the uplifiting of people out out poverty. In the same time, we note an increase in the use of mobile technology, which becomes a mean to make monetary transfers, borrow microfinance loans or establish small enterprises.

As part of its Mobile Economy Project, the Brookings Center’s Center for Technology Innovation will host a forum to investigate the means with which mobile devices could help foster entrepreneurship and small business development and other ways to uplift people out of poverty.

This event will be live webcast. Follow the conversation at #TechCTI


Wikiprogress Africa Coordinator

jeudi 9 mai 2013

Rapport sur la compétitivité en Afrique 2013


Le rapport biennal sur la compétitivité en Afrique a été publié Durant le Forum Mondial sur l’Afrique. C’est le fruit de la collaboration entre la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement  et le Forum Économique Mondial. Ce rapport se donne pour ambition de présenter une série de politiques visionnaires qui aideront l’Afrique à améliorer le bien-être de ses habitants en la rendant plus compétitive, par une diversification de ses bases économiques, et par la création d’emplois pour la jeunesse et sa population en pleine urbanisation.

En étudiant la compétitivité de 38 des 54 États africains, le rapport offre un sommaire exhaustif sur les moteurs de la productivité et de la compétitivité en Afrique et montre l’impact positif des partenariats public-privés innovateurs (ancrés sur les pôles de croissance) peut avoir sur l’industrialisation durable du continent, dans la création d’emplois et d’opportunités, ainsi que dans l’intégration régionale.

Pour lire le rapport dans son intégralité, cliquez ici


Coordonnateur Wikiprogress Africa

mardi 7 mai 2013

Forum Économique Mondial sur l'Afrique


Le Forum Économique Mondial sur l'Afrique aura lieu du 8 au 10 mai 2013 au Cap en Afrique du Sud. Les prévisions pour 2012-2013 situent la croissance économique de l'Afrique sub-saharienne pour 2012-2013 à 5%. Selon la taxonomie de la Banque Mondiale, la moitié des États du continent africain sont devenus des États à revenu moyen.En dépit de tous ces progrés, la volatilité des prix des matières premières, l'inégalité croissante et le chômage des jeunes attestent de la vulnérabilité de cette croissance.

Le thème de cet événement sera "Delivering on Africa's Promise"; experts, décideurs politiques, acteurs de la société civile se réuniront pour ébaucher les moyens d'une croissance durable et partagée et pour favoriser l'intégration dans le système mondial de l'Afrique en apportant des solutions à ces trois défis:
  • L'accélération de la diversification économique
  • L'accélération des infrastructures stratégiques.
  • Et mettre à nu les talents de l'Afrique.
Pour plus d'informations,visitez le site web de ladite conférence ici.


Coordonnateur Wikiprogress Africa

mercredi 3 avril 2013

Mesure du bien-être au Maroc. Principaux résultats de l’Enquête Nationale sur le bien-être 2012


Ce document a été préparé pour le Forum Mondial sur le Développement par Khalid Soudi, de l'Observatoire des Conditions de vie de la Population/Haut-Commissariat au Plan du Maroc. 




M. Soudi sera l'un des conférenciers au panel du Forum Mondial sur le développement, ayant pour titre:"Mesurer le progrès et le bien-être dans les pays en développement", panel qui s'attachera à répondre aux questions suivantes:


  • Est-il possible et réaliste de mesurer le bien-être et le progrès dans les pays en développement?
  • Quel est le lien entre des concepts complexes tels que la pauvreté, la cohésion sociale et le progrès?
  • Quels sont les exemples les plus prometteurs de mesures statistiques de ces concepts complexes?
Pour télécharger ce document, cliquez ici
Pour lire la note d'information sur ce panel, cliquez sur ce lien
Pour de plus amples informations sur ce panel et sur l'agenda du Forum, cliquez sur ce lien 

Khalid Soudi,
Haut-Commissariat au Plan du Maroc

jeudi 28 mars 2013

Aux sources des inégalités sociales : capacités individuelles et défaillances structurelles




L’analyse des facteurs à l’origine des différentes facettes des inégalités et de la pauvreté multidimensionnelle, souligne trois défis de l’équité sociale : (i) le premier se réfère au rôle des mécanismes du marché et de la rémunération des facteurs sur la répartition du revenu ; (ii) le deuxième défi concerne les facteurs individuels, notamment les capacités humaines, les habilités individuelles, les opportunités afin d’arriver à une réduction des écarts sociaux et territoriaux, d’améliorer la répartition du revenu, d'assurer l'inclusion et l'intégration sociale et de lutter contre les inégalités de manques ; et (iii) le troisième défi concerne le rôle des transferts indirects et du système fiscal pour améliorer l’efficacité des mécanismes de redistribution en matière de lutte contre l’inégalité et la pauvreté monétaires. 

De par le monde, les mécanismes sous-jacents à la répartition font ressortir le rôle primordial des revenus salariaux, des revenus du capital, et des transferts dans la distribution du revenu et l’inégalité qui en découle. D’où l’importance d’adapter les politiques publiques et d’améliorer l’efficacité des mécanismes des transferts directs, notamment à travers la création de l’emploi salarié, la politique du salaire minimum, l’amélioration des rémunérations tirées du travail, l’adoption des mesures incitatives à l’investissement générateur de l’emploi :

(i) une politique créatrice de l’emploi salarié, l’amélioration des gains salariaux notamment pour les bas salaires, jouent un rôle important dans la maîtrise des inégalités de revenu pourvu que les inégalités salariales ne s’aggravent pas. En outre, cet effet sur les inégalités de revenu pourrait se traduire par un dynamisme social et une galvanisation de la demande interne, et avoir des conséquences positives sur la croissance économique.

(ii) les actions visant à réduire les inégalités issues du revenu de capital, à travers notamment l’encouragement à l’accès aux activités entrepreneuriales (opportunités du capital, moyens de production), une fiscalité progressive qui encourage l’accumulation du capital, l’incitation à l’investissement des revenus issus du capital au lieu de son accumulation, pourraient constituer une garantie significative pour décliner l’inégalité du revenu.

(iii) une politique agricole ciblée sur les plus défavorisés, présente un double dividende, elle permet non seulement d’impacter positivement la réduction de la pauvreté des ménages ruraux mais également de corriger de manière pertinente la répartition du revenu agricole en milieu rural.

(iv) la promotion et la consolidation des valeurs de l’entraide sociale est un fort potentiel qu’il faut saisir pour maîtriser les inégalités.

(v) l’amélioration de l’efficacité des mécanismes des transferts directs, notamment les allocations de la protection sociale, par un élargissement de la base des bénéficiaires, revêt également une importance cruciale pour décliner l’inégalité des revenus.

(vi) Le recentrage des ressources publiques destinées à lutter contre la pauvreté et la vulnérabilité à l’appauvrissement, est un levier d’action efficace pour réduire la pauvreté et l’inégalité monétaires. À défaut d’un ciblage parfait, une répartition uniforme permettrait de meilleures efficiences en matière de lutte contre la pauvreté et l’inégalité que la répartition forfaitaire.

Cependant, pour mieux piloter l’incidence des politiques redistributives en matière de lutte contre les inégalités, il serait probant que les politiques sociales et économiques se focalisent sur la réduction des causes individuelles et contextuelles de l’inégalité.

Les disparités en termes d’éducation et de formation, d’emploi, d’opportunités de revenu, de commodités de la vie, les écarts entre catégories socioprofessionnelles et les écarts territoriaux, déterminent les gains tirés du processus de répartition. Les politiques publiques destinées à réduire l’adversité de ces disparités de capabilités renforce notoirement les effets escomptés des politiques de lutte contre les inégalités monétaires.

Khalid Soudi
Haut-Commissariat au Plan, Maroc

mercredi 27 mars 2013

La réduction de la pauvreté est possible: trouver ceux qui sont marginalisés par les inégalités






Dans le cadre du Forum mondial sur le développement de l’OCDE, Wikiprogress a organisé une consultation en ligne sur le thème : « Reducing Poverty is Achievable-Finding Those Who Are Hidden by Inequalities » (La réduction de la pauvreté est possible: trouver ceux qui sont marginalisés par les inégalités) en partenariat avec l’OCDE, Paris21, Save the Children, Overseas Development Institute’s Development Progress, the Oxford Poverty & Human Development Initiative (OPHI), UNICEF, Jeune Afrique, The Africa Report, the European Report on Development (ERD), Wikigender, Wikichild and the Global Progress Research Network (GPRNet).

La consultation a eu lieu du 6 au 15 mars 2013 et a donné lieu à 55 commentaires soulignant des récits d’individus, de familles, de communautés et de sociétés qui ont été marginalisées par des inégalités sociales et économiques. Les contributions ont montré l’exemple de programmes, de politiques et de méthodologies qui ont eu un impact positif sur la vie d’individus, et ont porté sur des recommandations dans l’établissement d’un nouveau cadre de développement. Ce document constitue une synthèse des commentaires faits durant cette consultation et serviront de contribution lors du Forum mondial sur le développement de l’OCDE. Cette synthèse de ces contributions ne représente pas les positions de l’OCDE sur ces questions, ni celles des partenaires susmentionnés.

Pour obtenir ce rapport, veuillez cliquer ici

L'Équipe Wikiprogress

Reducing Poverty Is Achievable Finding Those Who Are Hidden By Inequalities: Synthesis of the Wikiprogress online consultation






In the run up to the OECD Global Forum on Development (GFD), Wikiprogress organised an online consultation on “Reducing Poverty Is Achievable – Finding Those Who Are Hidden By Inequalities” in partnership with the OECD, Paris21, Save the Children, ODI's Development Progress, the Oxford Poverty & Human Development Initiative (OPHI), UNICEF, Jeune Afrique, The Africa Report, the European Report on Development (ERD), Wikigender, Wikichild and the Global Progress Research Network (GPRNet).

The consultation ran from 6-15 March 2013 gathering a total of 55 comments highlighting the stories of individuals, families, communities and societies that have been excluded by social and economic inequalities. Comments also included examples of successful programmes, policies and methodologies that have made a difference in people’s lives, as well as recommendations for a new development framework. This paper provides a synthesis of the comments made during the Wikiprogress online consultation and serves as a contribution to the OECD GFD. This report aims to reflect the results of the consultation, and does not represent the views of the OECD or any of the partner organisations listed above.

To read the synthesis report, please click here

The Wikiprogress Team

vendredi 22 mars 2013

Appel à communications. Croissance Inclusive en Afrique: Mesures, Causes et Conséquences. Helsinki, Finlande. 23 janvier 2013.



Cette conférence se déroulera sous forme de séances plénières et de panels, et les sessions seront basées sur des communications spéciales et celles sélectionnées, à travers cet appel à contributions, ouvert du 15 janvier au 1er avril 2013.

Une réduction de la pauvreté durable et rapide requiert une « croissance inclusive » pouvant permettre aux individus de contribuer et de bénéficier du processus de développement. La performance économique de l’Afrique s’est significativement améliorée depuis les années 1980 et 1990. Toutefois, plusieurs points restent sans réponse. Par exemple, les progrès récents en Afrique ont-ils été sous ou surestimés? Certaines composantes sociales sont-elles exclues de la croissance et du processus de développement? Quelles dimensions de la pauvreté sont à la traine ou en avance? Quel a été l’impact de la croissance économique? A-t-elle conduit à plus et à de meilleurs emplois? Quelles politiques sont nécessaires pour augmenter les chances de rendre durable le développement de l’Afrique dans le long terme?

La réponse à ces questions ainsi qu’à d’autres, tout aussi pertinentes, n’est pas évident. L’Afrique fait face à des défis particuliers (très hauts taux de pauvreté, bases de données très faibles, haute volatilité des déterminants de la croissance et du bien-être) lorsqu’on la compare aux autres régions en développement. La conférence sur le développement de l’UNU-WIDER de Septembre 2013 se concentrera sur la performance, les perspectives et les politiques promouvant une croissance inclusive en Afrique, y compris le Maghreb. Cette conférence vise à développer le dialogue entre les chercheurs et les décideurs politiques issus des secteurs académiques, gouvernementaux et du développement international.

Pour plus d’informations sur cette conférence, veuillez-vous référer au site web de la conférence.


Coordonnateur Wikiprogress Africa

Call for Papers: Inclusive Growth in Africa: Measurement, Causes, and Consequences.



The conference will feature a mix of plenary speakers and panels, sessions based on invited papers and those submitted through this call for papers, which will be open between 15 January and 1 April 2013.

Rapid and sustained poverty reduction requires ‘inclusive growth’ that allows people to contribute to and benefit from the development process. Africa’s economic performance has improved considerably since the 1980s and early 1990s. Nevertheless, many questions remain unanswered. For instance, has recent progress in Africa been under- or over-stated? Are certain social groups being excluded from the growth and development process? Which dimensions of poverty are leading or lagging? Has economic growth been transformative, leading to more and better jobs? What policies are required to increase the likelihood of sustaining Africa’s development process in the long-run?

Answering these and other pertinent questions is challenging worldwide. Africa faces particular difficulties in comparison with other developing regions due to relatively high poverty rates, relatively weak information bases, and frequent high volatility in the underlying determinants of welfare and economic growth. The UNU-WIDER development conference in September 2013 therefore focuses on the performance, prospects, and policies for promoting more inclusive growth throughout Africa, including North Africa. The conference aims to encourage dialogue between and among researchers and policy makers from the academic, government and international development communities.

For more complete information on this event and the call for papers, please consult the conference webpage.



Wikiprogress Africa Coordinator

jeudi 7 mars 2013

Réduire la pauvreté est possible en trouvant ceux qui sont invisibles

Cette invitation ProgBlog fait partie de la série Wikiprogress après 2015. 




Wikiprogress et ses  partenaires l’OCDE, Paris21, Save the Children, ODI's Development Progress, le Oxford Poverty & Human Development Initiative (OPHI), UNICEF, Jeune Afrique, le Africa Report, le Rapport Européen sur le Développement, Wikigender, Wikichild et le Global  Progress Research Network (GPRNet) vous invitent à participer à une consultation en ligne :


  REDUIRE LA PAUVRETÉ EST POSSIBLE

EN TROUVANT CEUX QUI SONT INVISIBLES

DISCUSSION OUVERTE DU MERCREDI 6 MARS AU VENDREDI 15 MARS.

Le Forum Mondial sur le Développement de l'OCDE (GFD par ses sigles en anglais) aura lieu les 4-5 avril 2013, réunissant des experts reconnus et des dirigeants politiques autour de discussions centrées sur le programme de développement mondial après 2015. La communauté Wikiprogress et ses partenaires organisent une consultation en ligne ouverte à tous sur le sujet du 6 au 15 mars. Les résultats de la discussion seront présentés au GFD de l’OCDE.

Nous vous invitons à partager vos anecdotes et/ou solutions pour:

Ceux qui sont, ont été ou pourraient se trouver à l’ombre de la croissance économique
Ceux qui sont, ont été ou pourraient se trouver à l’ombre des programmes sociaux
Ceux qui sont, ont été ou pourraient se trouver à l’ombre des statistiques

Et ce que cela implique pour le bien-être des sociétés.

Nous centrerons la discussion sur les individus, les familles, les communautés et les sociétés qui ont été mis à l’écart par les inégalités sociales et économiques et nous mettrons en lumière les anecdotes des programmes à succès, des politiques et des méthodologies qui ont amélioré la vie des gens. Cette consultation en ligne est l’opportunité d’inclure un large éventail de perspectives juste avant le forum.

Nous comptons sur votre participation dans cette discussion importante et nous attendons vos commentaires!

Vous pouvez poster votre commentaire en allant dans la section “Contribute!” de la page de consultation en ligne (la page est en anglais, mais vous pouvez commenter en français). Le lien raccourci vers la page de discussion est http://bit.ly/13pzJi1 et le mot dièse pour Twitter est #OECDgfd.

Pour en savoir plus sur les questions posées et pour participer, merci de cliquer ici.

L’équipe Wikiprogress

mercredi 22 août 2012

Inégalité et cohésion sociale : Éléments de politiques pour le bien-être de tous et le ciblage de la pauvreté

Par : Khalid Soudi, HCP

Télécharger le document complet : 
http://www.hcp.ma/docs/wikiprogressafrica/cohesion_sociale_inegalite.pdf


Télécharger le document en format PowerPoint :
http://www.hcp.ma/docs/wikiprogressafrica/cohesion_sociale_inegalites.ppt

Problématique
Un état social caractérisé par des disparités moins prononcées, voire acceptables, favorise le sentiment d’appartenance chez la population, et débouche sur une amélioration générale du bien-être social, et un renforcement de l’intégration des individus dans le processus de développement. Dans ce cadre, une société cohésive serait appelée à réduire en permanence les inégalités entre les individus, les groupes sociaux et les espaces territoriaux.

Or, face au creusement des inégalités, une part de la population, notamment les plus démunis, se trouve exclue du processus de développement, et crée des menaces qui pèsent sur la cohésion sociale. D’emblée, des inégalités persistantes dans un contexte où la mobilité socioéconomique est moins prononcée, conduisent au délitement des valeurs sociales et à la fragmentation des formes de solidarité, et créent, à l’échelle individuelle, un sentiment de frustration chez les personnes qui subissent ou perçoivent ces inégalités. C’est dire que la réalité des inégalités est révélatrice du degré de soutenabilité du modèle social en vigueur.

Dans son acception la plus courante, la cohésion sociale n’est pas seulement un moyen ou un but, mais plutôt un principe directeur de l’action publique (A. F. Poyato, 2011). Elle implique l’égalité des chances pour minimiser les écarts et assurer le bien-être de tous. Dans ce cadre, l’effort des politiques publiques doit être redéfini en faveur d’un développement inclusif qui vise à éluder les tendances inégalitaires et promouvoir l’équité sociale. En d’autres termes, la question de lutte contre les inégalités est une composante fondamentale de la cohésion sociale.

L’objectif global de ce papier consiste à répondre essentiellement à deux questions : quelle est la réalité de l’inégalité dans ses différentes dimensions ? Quelles politiques faut-il favoriser pour renforcer la cohésion sociale et le bien-être de tous ? Pour ce faire, la démarche analytique adoptée, fondée sur une approche empirique et comparative, repose sur un cadre d’analyse élargie de façon à contribuer à une meilleure compréhension de la problématique plurielle des inégalités au-delà de la dimension monétaire.

mardi 7 août 2012

Inégalité, pauvreté et bien-être en Afrique, synergie d’ensemble et facteurs de contrôle


Par : M. Douidich Mohamed, Ingénieur statisticien-économiste, Haut -Commissariat au Plan (HCP). Les résultats de ce papier ont été présentés à la Conférence africaine sur la mesure du bien-être et la promotion du progrès des sociétés, organisée par le HCP-Maroc et l’OCDE , 19-21 avril 2012.

Télécharger le document complet : 
http://www.hcp.ma/docs/wikiprogressafrica/inegalite%2C_pauvrete_et_bien_etre_en_afrique.docx

Introduction


C’est sur cette question de conjonction entre, d’une part, les niveaux de pauvreté et d’inégalité, et, d’autre part, le bien-être, objectif et subjectif, que se penche le présent papier. Il montre que, jusqu’à présent, les pays africains les moins inégalitaires ne sont pas nécessairement les moins pauvres, et, inversement, les plus pauvres d’entre’ eux ne sont pas assurément les plus inégalitaires.

Sur le plan empirique, les indices du bien-être[1] ne sont supérieurs à la moyenne que dans le reste des pays africains, ceux où les indices de pauvreté et d’inégalité sont, tous les deux, inférieurs aux médianes respectives. Cet état des lieux remet en cause notre appréhension de la pauvreté et de l’inégalité, en relation avec le bien-être et, de là, les capacités[2] que devraient développer les pays africains, dans la voie d’une amélioration des conditions d’être.

La littérature disponible sur l’économie des niveaux de vie s’est, en fait, limitée à l’étude des changements dans la pauvreté, conséquents de ceux de la croissance et l’inégalité[3]. Elle n’accorde que peu d’intérêt à l’objectif d’une société, à la fois, moins pauvre et moins inégalitaire, antécédent d’une meilleure perception du bien-être.

Sur ce registre, le présent papier montre[4], dans une première section, que l’Afrique subsaharienne peine à améliorer le bien-être, face à une baisse de la pauvreté, inférieure au rythme escompté par les OMD[5]. En présence d’une croissance économique clairement anti pauvre, la reproduction sociale de la pauvreté ne peut-être abrogée qu’au moyen d’une redistribution de ressources publiques, favorable aux milieux démunis, option peu probable au regard de la faiblesse du pouvoir politique des populations pauvres (section 2).

D’où la vulnérabilité de l’Afrique subsaharienne à des niveaux encore élevés de pauvreté et d’inégalité, synonymes d’une faible diffusion du sentiment de bien-être (section 3). Certains pays africains ont pourtant pu construire des paysages sociaux plus soutenables, caractérisés par des niveaux réduits d’inégalité et de pauvreté et une perception du bien-être bien meilleure.

A la section 4, sont évaluées les capabilités que pareils pays développent, à l’aune de leur effet sur une mesure composite de la pauvreté et l’inégalité (section 4). Le but est d’appréhender les options qui, dans le contexte africain, infléchissent, à la fois, la pauvreté et l’inégalité, et diffusent le sentiment du bien-être.        


Réduire, de moitié, la pauvreté en Afrique 
Faut-il compter sur la croissance ?

Mesurée au seuil de 1,25 $ US PPA par jour et par personne, la pauvreté s’établissait en Afrique subsaharienne[6] (51,5%), aux débuts des années 1980,  à un niveau nettement inférieur à celui qui prévalait, à l’époque, dans les régions les plus pauvres, l’Asie  Sud (61,1%) et l’Asie Est-Pacifique (77,2%). Aujourd’hui, l’Afrique subsaharienne est, de loin, la région la plus pauvre (47,6% en 2008). Elle est aussi le dernier groupe de pays à avoir entamé la baisse de la pauvreté (Graphique 1).

Quoique fragile et hésitant, le recul du taux de pauvreté n’y a été amorcé, en fait, qu’à partir de 1999, après une hausse s’étalant sur toute la période 1981-99. Il s’opérait, entre 1999 et 2008, à un taux (-2.2% par an) inférieur à celui enregistré dans le reste des régions du monde[7] (Tableau 1). Ce taux est, de par la croissance démographique, insuffisant pour restreindre le volume des pauvres dans cette région du monde[8].
Tout comme il ne permettrait pas, de par sa modestie, d’atteindre, à temps, la première cible des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), voire la réduction, de moitié, entre 1990 et 2015, de la pauvreté. Au moment où les autres régions tendent, toutes, à réduire, de plus de moitié, avant l’horizon 2015, le niveau de pauvreté qu’elles observaient aux débuts des années 1990 (tableau 1).

En effet, la poursuite de la tendance à la baisse qu’affichait, à la dernière décennie, la pauvreté fait que la fraction des pauvres s’établisse, en Afrique subsaharienne, à près de 40% à l’horizon 2015.  Ramener le taux de pauvreté dans cette région à 28% en 2015, valeur cible des OMD,  nécessiterait, au niveau d’inégalité courant, une croissance du revenu national brut par habitant de 8,9% par an, le long de la période 2009-2015. Or,  en Afrique subsaharienne, cet agrégat n’augmentait, le long des 30 dernières années, qu’à raison de 1,4% par an.
Ce qui montre, encore une fois, que la croissance ne permettrait pas, à elle seule, de réduire la pauvreté à la vitesse escomptée. D’où l’intérêt des politiques de développement et de croissance, axées sur l’équité sociale, base d’une croissance nécessairement pro-pauvre.   
Abroger la reproduction sociale de la pauvreté 
Equité sociale ou pauvreté de masse

C’est généralement au moyen d’une redistribution, sociale et géographique, des ressources publiques, favorables aux localités et populations pauvres, que l’on peut faire face à la faible sensibilité de la pauvreté à la croissance économique. Cette option est partout sollicitée, mais elle est souvent écartée pour des raisons liées au faible pouvoir politique des segments pauvres de la société.

Les contraintes de survie parmi les individus pauvres sont assez ardues pour décourager tout engagement dans la défense des droits économiques et sociaux. Mais lorsqu’elles conduisent à une pauvreté de masse, ces contraintes entravent le développement de l’ensemble de la société[9]. D’où l’intérêt que revêt, à long terme, la croissance pro-pauvre[10] dans tout développement socialement durable.
Sur ce registre, de 1990 à 2008, la hausse du revenu par habitant en Afrique subsaharienne était presque deux fois plus grande que la baisse de la pauvreté. Autrement dit, le long des deux dernières décennies, il fallait deux points- pourcentage de croissance pour faire régresser la pauvreté d’un point-pourcentage.

En Europe-Asie centrale, la croissance économique était nettement inférieure à celle de l’Afrique subsaharienne durant la période. Mais elle est plus élastique à la pauvreté, dans la mesure où une croissance de 1% y fait reculer la pauvreté de 2,5%. Ces deux régions observaient, par ailleurs, aux débuts des années 1980, la même incidence de la pauvreté (près de 50%). 28 ans après, en 2008, la pauvreté est 2,4 fois plus grande en Afrique subsaharienne que dans l’Europe-Asie centrale.
C’est dire que, le long de la période analysée, la redistribution des revenus n’a jamais été suffisamment centrée sur les populations pauvres en Afrique subsaharienne. Cette région s’en trouve la plus inégalitaire ces dernières années, en termes de rapport inter quintile des revenus par habitant, juste après l’Amérique latine - Caraïbe, région historiquement connue pour ses écarts sociaux[11] (tableau 2).    

A court terme, en Afrique subsaharienne, comme partout au monde, les perspectives de réduction de la pauvreté grâce à l’équité sociale s’avèrent plus prometteuses que celles fondées sur la croissance économique. La pauvreté est, en fait, plus sensible aux changements dans l’inégalité que dans la croissance économique. 

En Afrique subsaharienne, le taux de pauvreté ne se réduit, en fait, que de 0,5% suite à une croissance des revenus de 1%. Alors qu’une réduction des inégalités de 1% (indice de Gini) y donne lieu à une baisse (2,0%) de la pauvreté, quatre fois celle qui résulterait d’un point de croissance économique.
En termes de niveau, ces élasticités indiquent que la pauvreté en Afrique subsaharienne est moins sensible à l’inégalité et à la croissance. Plus précisément, plus une région est ‘riche’ voire moins pauvre, plus la pauvreté y est mieux sensible aux changements dans la croissance et l’inégalité des revenus. Dans toutes les régions du monde, la pauvreté est, en fait, plus sensible aux inégalités qu’à la croissance économique (tableau 2).
Ceci rappelle le fait que, en Afrique comme partout au monde, la pauvreté n’est pas une fatalité. Tributaire du niveau de revenu par habitant (Graphique 2), elle est plus influencée par la répartition des richesses économiques et sociales que par leur croissance. D’où la nécessité de compter, à la fois, sur la croissance et l’équité pour infléchir davantage la pauvreté, particulièrement en Afrique subsaharienne. Il devrait en résulter une convergence vers de moindres niveaux de pauvreté et d’inégalité, préalable de toute avancée du bien-être.  
Tableau 1 : Evolution de la pauvreté et du revenu selon le groupe de pays. 
Groupe de pays
Taux de pauvreté (1,25 $ US PPA/jour/personne), en %
Changement entre 1990 et 2008, en %
1981
1990
1999
2008
Baisse de la pauvreté
Hausse du revenu par habitant
Afrique subsaharienne
51.5
56.5
57.9
47.5
-15.9
+28
Amérique latine - Caraïbe
48.8
44.7
45.7
31.4
-29.8
+42
Europe – Asie Central
48.2
39.6
51.2
20
-49.5
+20
Asie du Sud
61.1
53.8
45.1
36
-33.1
+119
Moyen-Orient et Afrique du Nord
9.6
5.8
5
2.7
-53.4
+44
Asie Est et Pacifique
77.2
56.2
35.6
14.3
-74.6
+352
Source : http://www.banquemondiale.org/ World Development Indicators 2012
Note : Nos calculs pour les changements entre 1990 et 2008.   





Tableau 2: Elasticités de la pauvreté et rapport inter quintile selon le groupe de pays. 

Groupe de pays
Elasticités en 2008 de la pauvreté par rapport(*) :
Rapport inter-quintile des revenus en 2009 (**)
au revenu par habitant
aux inégalités -  Gini
Afrique subsaharienne
-0.51
1.99

9.9
Amérique latine - Caraïbe
-0.91
2.55
16.1
Europe – Asie Centrale
-0.90
2.58
6.2
Asie du Sud
-0.39
1.9
5.4
Moyen-Orient et Afrique du Nord
-1.39
3.71
6.6
Asie Est et Pacifique
-1.06
3.25
7.9
Source : Nos calculs, basés sur les données – en coupe transversale- par pays en développement, au site http://www.banquemondiale.org/ World Development Indicators 2012 et au RDH 2010 et 2011 (PNUD)
Note : (*) Ces élasticités sont de court terme, et sont approchées, à titre indicatif, en ajustant le modèle suivant :
 
où p est le taux de pauvreté, y le revenu national brut par habitant, Gini l’indice d’inégalité, , ,  les paramètres du modèle et son terme aléatoire.
(**) Cette colonne le rapport de la part, dans le total des revenus, des 20% les plus riches de la population, à la part des 20% les plus pauvres. Ce sont des moyennes pondérées par la population totale des rapports inter quintiles par pays. 

Inégalité, pauvreté et bien-être
Le socialement soutenable 

Sur le registre des droits humains, économiques et sociaux, la réduction de la pauvreté monétaire est certes nécessaire, mais elle est insuffisante. Elle gagnerait à s’inscrire dans l’objectif du renforcement du bien-être au sens de la satisfaction de vivre dans l’ensemble, et de la satisfaction vis-à-vis du niveau de vie (cf. Notes et définitions,  annexe 2).
En effet, de par les changements, en cours de revendication dans les pays africains les  moins pauvres en particulier, la restriction du progrès social au recul de la pauvreté montre, aujourd’hui, toutes ses limites. Quel que soit le niveau de pauvreté, la diffusion des inégalités alimente les frustrations sociales qui, à leur tour, consacrent le sentiment de dénuement relatif voire la pauvreté subjective et le mal-être.   
A  titre d’illustration, comme on devrait s’y attendre, la hausse des inégalités entraine celle de la pauvreté. Dans le quintile des pays africains, les plus inégalitaires, la pauvreté est 1,9 fois plus grande que dans le quintile le moins inégalitaire.  Cette hausse de la pauvreté avec les inégalités induit, à son tour, une détérioration du bien-être.
C’est ainsi que dans les 20% les plus équitables des pays, les populations se considèrent plus satisfaites vis-à-vis du niveau de vie (54.1%) et éprouvent plus de satisfaction de vivre dans l’ensemble (5.4/10). Ces indicateurs s’établissent, parmi les 20% les plus inégalitaires des pays,  à des niveaux (resp. 37,4% et 4,3/10) nettement inférieurs.
Il en ressort que les pays où les conditions d’être sont meilleures sont ceux où la pauvreté et l’inégalité s’établissent, toutes les deux, aux niveaux les plus bas. Autrement dit, les paysages sociaux souhaitables sont intuitivement ceux où les populations ne sont exposées ni à des privations matérielles aigues, ni à des frustrations dues aux écarts en conditions de vie.   
D’où l’idée de segmenter les pays africains en groupes différenciés selon le niveau de pauvreté et d’inégalité, et d’analyser ce qui caractérise les pays, à la fois, moins pauvres et moins inégalitaires.

Comme le montre le schéma ci haut, cette segmentation donne lieu à quatre groupes de pays africains, (i) ceux où les indices de la pauvreté et l’inégalité sont, tous les deux, inférieurs aux médianes respectives[12], pays dits socialement soutenables ; (ii) ceux où ces indices sont supérieurs, tous les deux, aux médianes; (iv) ceux où la pauvreté est supérieure à la médiane et l’inégalité en est inférieure ; et (v) ceux où la pauvreté est inférieure à la médiane et l’inégalité en est supérieure.
La comparaison des profils des groupes (i) et (ii) permet de saisir les capabilités qui, à la fois cause et effet, interfèrent avec la synergie entre la pauvreté et l’inégalité.
Construire un pays socialement soutenable
Quelles capabilités développer ?

On se livre ici à une tentative d’appréhension de ce qui fait que certains pays africains soient ‘socialement soutenables’, c’est à dire ceux ayant un taux de pauvreté et un indice d’inégalité -Gini- inférieurs, tous les deux, à leurs valeurs médianes respectives. Il s’agit de dresser le profil de pareils pays, en vue de s’enquérir des caractéristiques, causes et effets, des contextes les plus performants en matière de pauvreté et d’inégalité.

Profil des pays socialement soutenables

Sur le plan descriptif, les pays africains qui joignent des niveaux d’inégalité et de pauvreté, inferieurs, tous les deux, aux médianes africaines, sont ceux dits ici ‘socialement soutenables’. Ces pays ont développé, dans l’ensemble, des capabilités collectives et individuelles fondamentales. Comparés aux pays où l’inégalité et la pauvreté sont, toutes les deux, plus élevées que les médianes en Afrique, ils présentent, d’abord, un taux de croissance démographique inférieur de 28,9%.

A la fois cause et effet, ce gain relatif en croît démographique aurait certainement favorisé l’investissement dans le capital humain. Pareils pays ont, en fait, une survie scolaire supérieure d’une année, un taux d’encadrement à l’enseignement 1,2 fois plus performant, une satisfaction vis-à-vis de la santé personnelle plus élevée de 7,6%, et une prévalence du VIH parmi les adultes 4,0 fois plus réduite, en comparaison avec les pays, à la fois, plus pauvres et plus inégalitaires.

Quoique encore modestes, les avancées qu’affichent les pays africains, à la fois, moins pauvres et moins inégalitaires, en démographie et capital humain, font que le revenu par habitant y soit non seulement mieux réparti ; mais aussi 2,8 fois plus grand. Le niveau de vie y serait plus important que ce qu’exprime le revenu par habitant, eu égard à l’accès de leurs populations à des prestations sociales, souvent subventionnées, sinon gratuites.
         
En effet, si seulement près du 1/4 de leur population est privée d’accès à l’eau potable, ce rapport s’élève à 2/4 dans les pays, à la fois, plus pauvres et plus inégalitaires. Il s’établit à 3/10 contre 8/10 pour l’électricité et à 4/10 contre 7/10 pour l’assainissement, respectivement.

Il en ressort que les privations qui sévissent dans les pays les plus inégalitaires et les plus pauvres expriment, entre autres, un manque de redistribution de richesses par le biais des investissements sociaux. Ces privations s’ajoutent, évidemment, à d’autres dénuements aussi contraignants que la sous-alimentation. Celle ci affecte près de la moitié de la population des pays plus pauvres et plus inégalitaires, contre une personne sur cinq dans les pays dits socialement soutenables.   

A côté de la sous-alimentation, les pays à fortes pauvreté et  inégalité connaissent une grande diffusion de l’emploi sous-rémunéré, cause de pauvreté laborieuse. Si, en effet, seule une personne employée sur cinq vit de moins de 1 $ US PPA par jour dans les pays socialement soutenables, les 3/4 des employés sont dans cette situation aux pays, à la fois, plus pauvres et plus inégalitaires.

Faut-il en retenir que le succès relatif des pays socialement soutenables revient, en partie, à leur investissement non seulement dans la sécurité alimentaire, mais aussi dans l’éducation et la formation, voire le rendement du capital humain ? En tout cas, c’est dans ce groupe de pays que s’affichent des niveaux, relativement limités, de la pauvreté alimentaire et laborieuse.  

Les pays, moins pauvres et moins inégalitaires, offrent, en outre, de meilleures conditions de sécurité, préalables de confiance dans les institutions, de conditions favorables à l’initiative privée et de viabilités politique, sociale et économique. Le taux d’homicide est 2,4 fois plus grand dans les pays  inégalitaires et pauvres. Ce rapport est de 1,4 fois  pour l’incidence des victimes d’agressions (cf. annexe 2). 

Les privations qui sévissent dans les pays africains, les plus pauvres et les plus inégalitaires, y consacrent, bien entendu, un taux de pauvreté 3,7 fois plus grand, et un indice d’inégalité, Gini, 2 fois plus grand que ce qui règne dans les pays, à la fois, moins inégalitaires et moins pauvres.

Il est alors tout à fait logique que le mal-être sévissant dans les pays africains joignant de forts niveaux de pauvreté et d’inégalité entraine de faibles scores de satisfaction de vivre dans l’ensemble (3,7/10) et de satisfaction vis-à-vis du niveau de vie (44,6%). Rappelons que ces scores ne sont supérieurs à la moyenne que dans les pays les moins pauvres et les moins inégalitaires (resp. 5,7 /10 et 55,5%).

Sur le plan des droits et libertés, bien que le score de violation des droits de l’Homme soit légèrement favorable aux pays socialement soutenables, force est de constater que, quel que soit le niveau de pauvreté ou d’inégalité, les groupes de pays  africains traités ici sont, en moyenne, confrontés à des insuffisances juste perceptibles[13]. En fait, comparé au reste des continents, l’Afrique suivie de l’Asie enregistrent les scores les moins élevés aussi bien en terme de satisfaction au regard de la liberté qu’en terme de population traitée avec respect (graphique 3).

C’est dire que, jusqu’à présent, les gains en équité et pauvreté qu’auraient affichés certains pays africains ne sont pas, partout, le résultat de l’exercice des droits, économiques et sociaux, et des libertés. Ils s’identifient à des acquis sociaux peu pérennes, à moins qu’ils ne soient le produit de structures institutionnelles, économiques et sociales bien ancrées dans la société.

    Tableau 3: Profil comparé des pays africains selon le niveau de pauvreté et d’inégalité.


Indicateurs
Pays dont le taux de pauvreté et l’indice d’inégalité –Gini- sont tous les deux :
inférieurs aux médianes
supérieurs aux médianes
Durée moyenne de scolarisation, en année
4.78
3.80
Ratio : nombre d’élèves par enseignant
37.24
45.28
Prévalence du VIH parmi les adultes, en % des ’15-49 ans’
1.32
5.26
Revenu national brut par habitant, en $ US PPA 2008
4036
1429
Rapport inter-quintile  (part, dans le RNB,  des 20% les plus riches / part des 20% les plus pauvres)
6.3
12.4
Taux de pauvreté (au seuil de 1,25 $ US PPA /jour/personne) en %
17.4
64.1
Prévalence de la sous alimentation, en % de la population
19.87
44.75
Personnes employées subsistant avec moins d’un $ US PPA par jour en %
24.41
73.01
Population sans accès à l’eau potable 2008 en %
26.70
47.38
Population sans accès à l’assainissement en %
43.90
70.19
Population sans accès à l’électricité  en %
34.09
78.85
Taux d’homicide pour 100 000 personnes (atteinte intentionnelle à la vie d’autrui)
2.52
6.14
Taux de victimes d’agression, en % des personnes officiellement recensées comme ayant été agressées.
9.89
14.14
Score de violation des droits de l’Homme 2008 (dont torture, disparition, incarcération politique avérée, ..)
3.18
3.99
Score de satisfaction de vivre dans l’ensemble (sur dix)
5.70
3.73
Taux de satisfaction du niveau de vie, en %
55.48
44.57
    Source : Nos calculs à partir des données obtenues des Rapports sur le développement humain, 2010 et 2011.


[1] Comme le montrent les données présentées dans ce document (tableau 3), le score de la satisfaction de vivre dans l’ensemble n’est supérieur à la moyenne (5/10) que dans le groupe de pays africains où le taux de pauvreté et l’indice Gini d’inégalité sont, tous les deux, inférieurs aux valeurs  médianes. Aussi, c’est seulement dans ce groupe de pays que le taux de satisfaction vis-à-vis du niveau de vie dépasse la ligne de 50%. Pour la définition de ces indicateurs, se référer à l’annexe 2.  
[2] Au sens des ‘capabilités’.
[3] Mesurés au moyen de l’élasticité –croissance et –inégalité  de la pauvreté.
[4] Sur la base des indicateurs de la Banque mondiale, World Development Indicators 2012 et des Rapports (du PNUD) sur le Développement humain, 2010 et 2011.
[5] La première valeur cible des Objectif du millénaire pour le développement (OMD) consiste à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, le niveau de pauvreté, mesuré à 1 $ US PPA par jour et par personne.  
[6] Le long de ce document, l’analyse est souvent restreinte à l’Afrique subsaharienne au lieu de l’Afrique toute entière, en raison des données disponibles qui ne sont désagrégées que selon des groupes particuliers de pays en développement, dont la région Afrique subsaharienne (cf. Annexe 2). Le reste des pays africains sont affectés à la région MENA.
[7] Il s’agit, en plus de l’Afrique subsaharienne, des groupes de pays suivants tels que définis dans http://www.banquemondiale.org/ World Development Indicators 2012, à savoir : Amérique latine – Caraïbe, Europe – Asie Centrale, Asie du Sud, Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), et Asie Est et Pacifique.
[8] Entre 1999 et 2008, l’effectif des pauvres dans cette région a augmenté à un taux de 0,29% par an, de 375,97 millions  à 386,02 millions d’individus, sachant que la baisse qu’il a entamée à partir de 2005 ne l’a pas encore ramené à un niveau inférieur à celui de 1999.
[9] « La population pauvre constitue, de par sa position dans l’échelle sociale, ses contraintes de survie et son pouvoir revendicatif, voire politique, un chaînon social, certes faible, mais potentiellement dangereux pour l’avenir du pays. En fait, la pauvreté ne se réduit pas à un simple déficit numérique des revenus et des aptitudes humaines d’une fraction de la population. Elle s’inscrit, au delà de la fracture sociale qu’elle creuse, parmi les facteurs d’échec des transitions économique, sociale et politique.» Douidich Mohamed (2008): Exclusion, inégalité et pauvreté: la transition sociale et ses déterminants. www.hcp.ma .
[10] Selon le concept « relatif » qui considère que la croissance est pro-pauvres si les pauvres en bénéficient relativement plus que les non pauvres, c’est-à-dire si la croissance est accompagnée d’une réduction des inégalités.

[11] Le Rapport sur le développement humain (PNUD, 2010) attribue les écarts sociaux en Amérique Latine – Caraïbe à l’inégale répartition des terres, des niveaux d’éducation et aussi à la forte valorisation du travail qualifié, outre le niveau élevé de la fécondité chez les ménages pauvres et les dépenses publiques régressives. 
[12]  En Afrique, à la dernière décennie, la médiane des indices d’inégalité - Gini - a été de 0.4360; celle de la pauvreté (au seuil de 1,25 $ US PPA par jour et par personne) a été de 46,7% en 2008.
[13] Ce constat se réfère à la situation en 2010, sachant que si les moyennes par groupe de pays ne sont pas assez différentes, des différences significatives sont cependant observées entre les pays.