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dimanche 18 octobre 2015

Le HCP reçoit le Directeur du Centre de Développement de l’OCDE et le Directeur Général de l’INSEE à l’occasion de la Journée Mondiale de la Statistique

Sur invitation de Monsieur Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan, Monsieur Mario Pezzini, Directeur du Centre de Développement de l’OCDE, et Monsieur Jean Luc Tavernier, Directeur Général de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques de France (INSEE), effectuent une visite au Maroc au cours de laquelle ils interviendront, dans le cadre des travaux de la conférence scientifique internationale : « De meilleures statistiques  pour une meilleure vie », respectivement sur les thèmes « Mesure du bien être : réalisations et défis » et « Les initiatives françaises dans la mesure du progrès social » 

Ils tiendront à cette occasion des séances de travail avec le Haut Commissaire au Plan et les responsables départementaux du HCP pour faire le point sur le niveau, par ailleurs excellent, de leur coopération. 

Il est à rappeler à cet égard qu’une nouvelle convention de coopération sera signée entre le HCP et l’INSEE, et ce, au cours de cette conférence scientifique internationale. 

vendredi 27 septembre 2013

"Afrique au-delà de 2015" :Un débat à l'ONU sous la houlette du Maroc


A la veille de la réunion de haut niveau sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui aura lieu en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, un débat sur l'Afrique au-delà de 2015 s'est tenu au sein de cette instance, à l'initiative du Maroc.

Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan, Maroc

Le Maroc a organisé, mardi au siège des Nations Unies à New York, un débat sur “L'Afrique au-delà de 2015: quels objectifs pour quel modèle de développement?”, avec la participation de ministres africains, de hauts responsables onusiens, des diplomates, ainsi que des personnalités représentant les institutions financières internationales et régionales.
Tenu en marge de la 68e Assemblée générale des Nations Unies et à la veille de la réunion de haut niveau sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), ce débat s'inscrit dans le cadre de la réflexion prospective menée par le Haut commissariat au plan sur “Le Maroc 2030 dans son environnement géostratégique”.
Cette réunion a abordé l'état d'avancement de la mise en œuvre des OMD en Afrique, ainsi que l'agenda de développement au-delà de 2015, à la lumière des expériences de pays africains.
Croissance vs revenu
Le haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami, qui a présidé les travaux de cette rencontre, a souligné que “le Maroc partage avec ses pairs africains la volonté et l'obligation de réaliser une croissance économique forte au service d'un développement humain et d'une cohésion sociale durable”.
“Plusieurs pays de notre continent peuvent se prévaloir aujourd'hui d'avoir réussi au cours de la dernière décennie à accroître le potentiel de leur croissance et à engager des processus prometteurs d'amélioration des conditions de vie de leur population et de démocratisation de leurs institutions”, a poursuivi M. Lahlimi.
“L'Afrique qui réalise l'un des taux de croissance les plus forts du monde, a le taux de revenu par tête d'habitant parmi les plus faibles de toutes les régions à travers le monde.”
AHMED LAHLIMI ALAMI, HAUT COMMISSAIRE AU PLAN.
Pour sa part, le Maroc a anticipé l'après-2015. En dix ans, le Royaume a pu réaliser une croissance forte qui a presque doublé et a investi une moyenne de 30% de sa richesse nationale pour résorber les déficits, développer les infrastructures dans l'ensemble des régions, a expliqué M. Lahlimi.
Retard dans les OMD
Quant au ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Saad Eddine El Otmani, il a indiqué que “s'il faut se réjouir que l'Afrique ait fait des avancées importantes au niveau du développement socio-économique, le continent africain accuse toujours du retard par rapport à certains objectifs”.
M. Otmani a fait observer que le chômage des jeunes demeure un défi mondial à surmonter, en particulier au sein du continent africain où les jeunes représentent la majorité de la population.
La promotion des investissements productifs et l'amélioration de l'accès aux marchés sont des éléments essentiels à prendre en considération dans tout programme de développement pour l'après-2015, a-t-il tenu à préciser.
Et de souligner que l'agenda de développement pour l'après-2015 dépendra d'un partenariat mondial renforcé et renouvelé, en plus des moyens solides de sa mise en oeuvre, à travers notamment la définition d'objectifs mesurables et assortis de délais d'application.
Les participants à cette rencontre ont eu l'occasion d'échanger les expériences et les visions sur les rapports en Afrique entre croissance économique, progrès social et modèle de développement, dans une démarche résolument tournée vers l'avenir.
Source : aufait avec MAP

mardi 9 juillet 2013

Mesurer la pauvreté multidimensionnelle: cadres conceptuels, identification des facteurs et robustesse aux schémas de pondération

Ce billet est une synthèse de l'étude de Khalid Soudi et de Siham Jouilile sur la mesure de la pauvreté multidimensionnelle. L'étude est disponible dans son intégralité, ici

A travers cette étude, une démarche empirique a été développée pour mesurer la pauvreté multidimensionnelle. En se référant au cadre conceptuel des capacités développé par A. Sen, une liste de fonctionnements centraux et basiques a été choisie en combinant une approche quantitative d’inertie, fondée sur l’ACP non linéaire, et une approche qualitative de perception de privation qui intègre la voix des pauvres.

Dans le cadre de ce travail, pour garder un recul par rapport aux limites inhérentes aux conceptions méthodologiques, deux approches de mesure ont été mises en application avec le même schéma de pondération : 

  1.  l’approche d’Alkire & Foster (AF) ;
  2.  et  l’approche des ensembles flous.

L’objectif consiste à tester la robustesse des résultats obtenus, et à voir comment notre conception et les mesures de la pauvreté multidimensionnelle dépendent du cadre conceptuel de mesure des indices composites.

D’emblée, pour tester la robustesse des résultats obtenus aux poids attribués aux items définissant l’espace de privation, les indices de pauvreté multidimensionnelle ont été mesurés selon un éventail de schémas de pondération.

L’analyse conduite s’articule autour de trois axes. Le premier axe présente et compare les résultats obtenus selon l’approche d’AF en adoptant différents schémas de pondération. Le deuxième axe compare les résultats obtenus selon l’approche de logique floue et l’approche d’AF, et ce en expérimentant différents schémas de pondération .Quant au troisième axe, il présente les résultats de l’approche de logique floue en se référant à des fonctions d’appartenance calculant le degré de privation individuelle sans affaiblissement de l’information contenue dans les variables de base. Ainsi, les variables quantitatives et polytomiques ont été traitées sans transformation préalable en variables dichotomiques.

Les résultats obtenus montrent que tous les schémas de pondération structurés par dimension donnent lieu à des indices de pauvreté (taux de pauvreté, indice de pauvreté multidimensionnelle (MPI), vulnérabilité à la pauvreté et pauvreté sévère) significativement inférieurs à ceux mesurés par le schéma de pondération proposé par AF. Ensuite, il s’avère, pour le moment, que ce dernier surestime le taux de pauvreté en comparaison avec les autres schémas de pondération. La dominance stochastique des courbes de pauvreté a permis de confirmer la robustesse de ces résultats. 

La non hiérarchisation des attributs de privation par dimension montre, quelle que soit la pondération retenue, une surévaluation des indices de la pauvreté multidimensionnelle. Cette tendance se vérifie au niveau de tous les schémas de pondération et concerne tous les indices de la pauvreté multidimensionnelle. Au vu de ces résultats, il s’avère important de repenser la structuration de l’approche AF pour remédier aux biais inhérents à la hiérarchisation des indicateurs par dimension.


En se plaçant dans le cadre méthodologique proposé par l’approche AF (hiérarchisation des items de privation par dimension), les résultats de l’approche de logique floue montrent que, quel que soit le schéma de pondération adopté, les taux de pauvreté multidimensionnelle obtenus sont inférieurs à ceux émanant de l’approche d’AF. Les écarts constatés deviennent plus significatifs en adoptant le schéma de pondération proposé par AF.


Tableau 5 : indices de la pauvreté multidimensionnelle. Comparaison entre les approches de logique floue et d'Alkire-Foster. Cas de la pondération égale par dimension et par attribut Hiérarchisation des attributs par dimension

Composantes basiques et centraux du bien-être
Pondération
Approche logique floue
Approche Alkire et Foster

Indice unidimensionnel
(%)
Contribution
Relative (%)
Taux de pauvreté censuré (%)
Contribution
Relative (%)
Dimension 1 : Capital scolaire
Scolarisation des
enfants
0.083
13.7
12.1
5.8
11.2
Scolarisation des
adultes
0.083
15.9
14.1
5.7
10.9
Dimension 2 : Santé maternelle et nutrition des enfants
Nutrition des enfants
0.056
4.0
2.4
1.3
1.6
Consultation
médicale
0.056
10.5
6.2
1.8
2.3
Accouchement en
milieu surveillé
0.056
15.8
6.2
5.5
6.9
Dimension 3 : Cadre de vie
Électricité
0.042
14.8
6.6
6.1
5.9
Eau
0.042
7.3
3.2
2.5
2.4
Équipements
sanitaires
0.042
17.7
7.8
6.4
6.1
Équipements
ménagers
0.042
11.8
5.2
5.1
4.9
Dimension 4 : Participation au marché du travail
Pouvoir exercer un emploi
0.167
7.7
13.6
1.7
6.4
Dimension 5 : Consommation courante
Se pourvoir en
viandes rouges ou
blanches et au
poisson
0.167
5.2
9.2
4.6
17.5
Dimension 6 : Pouvoir économique
Inégalité de revenu
0.167
7.7
13.5
6.2
23.9

Taux de pauvreté
multidimensionnelle (%)

9.45

11.7

Intensité de pauvreté

37.3
Indice de pauvreté
multidimensionnelle (MPI)
(%)
4.36
Taux de vulnérabilité
15.0
Pauvreté sévère
3.2

Source : données de base de l’ENNVM 2007, HCP.



La non hiérarchisation des indicateurs par dimension approfondit ces écarts. Par ailleurs, cette divergence montre également la tendance prononcée de l’approche AF à surévaluer l’incidence de pauvreté en comparaison avec l’approche de logique floue.

D’emblée, en se référant à des fonctions d’appartenance calculant le degré de privation individuelle sans affaiblissement de l’information contenue dans les variables de base, les taux de pauvreté multidimensionnelle obtenus selon l’approche de logique floue, tout en montrant une sensibilité importante aux schémas de pondération, restent également et largement inférieurs à ceux obtenus selon l’approche AF.

En dernier lieu, il n’est pas moins important de préciser que l’apport de ce travail est de mettre en lumière certaines limites inhérentes aux approches de mesure de la pauvreté multidimensionnelle. C’est un préalable pour toute utilisation avertie de ces approches et des enseignements qui en découlent. Encore est-il nécessaire de considérer cette contribution comme une première étape pour bien fonder les développements analytiques se rapportant au profil de la pauvreté multidimensionnelle, l’analyse de ses facteurs et de sa reproduction sociale, et le ciblage des politiques publiques de lutte contre la pauvreté, la vulnérabilité à l’appauvrissement et les inégalités de privation.

Khalid Soudi et Siham Jouilile
Haut-Commissariat au Plan du Maroc

samedi 1 juin 2013

Expérience du Maroc dans la mesure du bien-être: Approches et méthodologie

Cet article est de Khalid Soudi, Chef du service des études sur les groupes vulnérables au Haut-Commissariat au Plan du Maroc.

La démarche du Haut-Commissariat au Plan pour mesurer le bien-être de la population consiste à recueillir, entre autres, la perception que les citoyens ont de la notion du bien-être et l’évaluation du ressenti de la réalité de cette notion dans leur vie quotidienne, à relever les attentes qu’ils expriment dans ce domaine, et, à partir de là, à dégager les points d’impact que doivent cibler les politiques publiques pour promouvoir le bien-être pour tous.

Trois différentes approches sont adoptées dans ce sens :

  • la première, dite « bien-être subjectif », consiste à évaluer le bien-être ressenti en demandant aux personnes interrogées de choisir un niveau de satisfaction, générale ou par domaine de vie. La mesure se base sur les réponses de la population à un ensemble de questions relatives à leur bien-être, général et dans les domaines suivants : conditions de travail, revenu, logement, santé, éducation, confiance et cohésion sociale, loisirs et droits et libertés.
  •  la deuxième approche dite « qualité de vie mesurée », consiste à évaluer la situation d’une personne dans plusieurs dimensions de la vie, tout en appréhendant les difficultés et les contrariétés de l’expérience vécue, et d’en déduire si elle conduit objectivement une vie satisfaisante.
  •  quant à la troisième approche, elle consiste à évaluer le bien-être au moyen d’une palette d’indices simples ou composites qui mesurent le niveau du progrès dans les domaines socioéconomiques considérés comme les plus déterminant du bien-être de la population marocaine. L’identification de ces domaines est fondée sur la perception que les citoyens ont de la notion du bien-être en leur demandant d’auto-identifier les facteurs qui déterminent leur satisfaction à l’égard de la vie. 

L’objectif est double : (i) voir comment le bien-être général a évolué en relation avec l’évolution de ces composantes; (ii) capter les différences dans le rythme du progrès de chacune des dimensions du bien-être.




L’expérimentation de ces trois approches reste, cependant, tributaire d’informations idoines émanant d’enquêtes spécifiques auprès des ménages pour mesurer le bien-être dans ses dimensions objective et subjective. C’est dans ce cadre que  le  Haut-Commissariat au Plan  a  réalisé,  en février 2012,  l’Enquête  Nationale  sur le Bien-Être, assortie de modules destinés à recueillir la perception par les ménages des facteurs déterminant leur bien-être, l’évaluation directe du ressenti, général et par domaine, à l’égard de la vie, ou encore leur perception de l’évolution de leur environnement social et économique.





Khalid Soudi,
Haut-Commissariat au Plan du Maroc

mercredi 3 avril 2013

Mesure du bien-être au Maroc. Principaux résultats de l’Enquête Nationale sur le bien-être 2012


Ce document a été préparé pour le Forum Mondial sur le Développement par Khalid Soudi, de l'Observatoire des Conditions de vie de la Population/Haut-Commissariat au Plan du Maroc. 




M. Soudi sera l'un des conférenciers au panel du Forum Mondial sur le développement, ayant pour titre:"Mesurer le progrès et le bien-être dans les pays en développement", panel qui s'attachera à répondre aux questions suivantes:


  • Est-il possible et réaliste de mesurer le bien-être et le progrès dans les pays en développement?
  • Quel est le lien entre des concepts complexes tels que la pauvreté, la cohésion sociale et le progrès?
  • Quels sont les exemples les plus prometteurs de mesures statistiques de ces concepts complexes?
Pour télécharger ce document, cliquez ici
Pour lire la note d'information sur ce panel, cliquez sur ce lien
Pour de plus amples informations sur ce panel et sur l'agenda du Forum, cliquez sur ce lien 

Khalid Soudi,
Haut-Commissariat au Plan du Maroc

Communiqué sur la participation de M. le Haut Commissaire au Plan au forum Mondial sur le Développement, 4 et 5 avril 2013, Paris



COMMUNIQUE DE PRESSE


M. le Minisire Ahmed Lahlimi Alami,
              Haut Commissaire au Plan du Maroc.
A l’invitation de Monsieur Angel Gurria, Secrétaire Général de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), Monsieur Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan, prendra part aux travaux du Forum Mondial sur le Développement qui se tiendra les 4 et 5 avril 2013, à Paris, autour du thème : "Approches innovantes en matière de réduction de la pauvreté, cohésion sociale et progrès post 2015".

Au cours de ce Forum, Monsieur Lahlimi introduira les débats de la session intitulée : "Au-delà de la lutte contre la pauvreté : le défi de la cohésion sociale dans les pays en développement". Cette rencontre sera, également, l’occasion pour M. Khalid Soudi, cadre au Haut Commissariat au Plan, de présenter, dans le cadre du Panel réservé à "La mesure du bien-être et du progrès dans les pays en développement", la méthodologie adoptée par cette institution dans l’enquête sur le bien-être au Maroc, réalisée en 2012, ainsi que ses principaux résultats.

Participeront à ce Forum d’éminentes personnalités du monde politique, académique, des représentants des institutions régionales et internationales ainsi que des représentants de la société civile.

jeudi 28 mars 2013

Aux sources des inégalités sociales : capacités individuelles et défaillances structurelles




L’analyse des facteurs à l’origine des différentes facettes des inégalités et de la pauvreté multidimensionnelle, souligne trois défis de l’équité sociale : (i) le premier se réfère au rôle des mécanismes du marché et de la rémunération des facteurs sur la répartition du revenu ; (ii) le deuxième défi concerne les facteurs individuels, notamment les capacités humaines, les habilités individuelles, les opportunités afin d’arriver à une réduction des écarts sociaux et territoriaux, d’améliorer la répartition du revenu, d'assurer l'inclusion et l'intégration sociale et de lutter contre les inégalités de manques ; et (iii) le troisième défi concerne le rôle des transferts indirects et du système fiscal pour améliorer l’efficacité des mécanismes de redistribution en matière de lutte contre l’inégalité et la pauvreté monétaires. 

De par le monde, les mécanismes sous-jacents à la répartition font ressortir le rôle primordial des revenus salariaux, des revenus du capital, et des transferts dans la distribution du revenu et l’inégalité qui en découle. D’où l’importance d’adapter les politiques publiques et d’améliorer l’efficacité des mécanismes des transferts directs, notamment à travers la création de l’emploi salarié, la politique du salaire minimum, l’amélioration des rémunérations tirées du travail, l’adoption des mesures incitatives à l’investissement générateur de l’emploi :

(i) une politique créatrice de l’emploi salarié, l’amélioration des gains salariaux notamment pour les bas salaires, jouent un rôle important dans la maîtrise des inégalités de revenu pourvu que les inégalités salariales ne s’aggravent pas. En outre, cet effet sur les inégalités de revenu pourrait se traduire par un dynamisme social et une galvanisation de la demande interne, et avoir des conséquences positives sur la croissance économique.

(ii) les actions visant à réduire les inégalités issues du revenu de capital, à travers notamment l’encouragement à l’accès aux activités entrepreneuriales (opportunités du capital, moyens de production), une fiscalité progressive qui encourage l’accumulation du capital, l’incitation à l’investissement des revenus issus du capital au lieu de son accumulation, pourraient constituer une garantie significative pour décliner l’inégalité du revenu.

(iii) une politique agricole ciblée sur les plus défavorisés, présente un double dividende, elle permet non seulement d’impacter positivement la réduction de la pauvreté des ménages ruraux mais également de corriger de manière pertinente la répartition du revenu agricole en milieu rural.

(iv) la promotion et la consolidation des valeurs de l’entraide sociale est un fort potentiel qu’il faut saisir pour maîtriser les inégalités.

(v) l’amélioration de l’efficacité des mécanismes des transferts directs, notamment les allocations de la protection sociale, par un élargissement de la base des bénéficiaires, revêt également une importance cruciale pour décliner l’inégalité des revenus.

(vi) Le recentrage des ressources publiques destinées à lutter contre la pauvreté et la vulnérabilité à l’appauvrissement, est un levier d’action efficace pour réduire la pauvreté et l’inégalité monétaires. À défaut d’un ciblage parfait, une répartition uniforme permettrait de meilleures efficiences en matière de lutte contre la pauvreté et l’inégalité que la répartition forfaitaire.

Cependant, pour mieux piloter l’incidence des politiques redistributives en matière de lutte contre les inégalités, il serait probant que les politiques sociales et économiques se focalisent sur la réduction des causes individuelles et contextuelles de l’inégalité.

Les disparités en termes d’éducation et de formation, d’emploi, d’opportunités de revenu, de commodités de la vie, les écarts entre catégories socioprofessionnelles et les écarts territoriaux, déterminent les gains tirés du processus de répartition. Les politiques publiques destinées à réduire l’adversité de ces disparités de capabilités renforce notoirement les effets escomptés des politiques de lutte contre les inégalités monétaires.

Khalid Soudi
Haut-Commissariat au Plan, Maroc

jeudi 7 mars 2013

Participation de M. le Haut Commissaire au Plan aux travaux de la deuxième conférence sur "La mesure du progrès humain", New York

M. Ahmed Lahlimi Alami
Haut Commissaire au Plan



Sur invitation du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Monsieur Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan, participera aux travaux de la deuxième conférence sur "La mesure du progrès humain" qui se tiendra à New York les 4 et 5 mars 2013. Les travaux de cette conférence seront consacrés à l’examen des indices de développement humain dans le but  d’en améliorer la mesure et d’en renforcer l’opérationnalité dans les politiques de développement socio-économiques.

Lors des travaux de  cette conférence auxquels prendront part d'éminentes personnalités dont : Messieurs Joseph Stiglitz, prix nobel d'économie et professeur à l'Université Columbia, Amartya Sen, prix nobel d’économie et professeur à l'Université Harvard et Jean-Paul Fitoussi, directeur de recherche à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Monsieur Lahlimi Alami présidera la session pléniaire sur le thème : "Les différentes facettes de la pauvreté ".

Participeront également à cette manifestation outre les responsables du PNUD, les représentants d'institutions régionales et internationales du monde politique, académique et de la société civile.


mercredi 31 octobre 2012

Intervention de M. le Haut Commissaire au Plan lors de la séance d’ouverture du 4ème forum mondial de l'OCDE en Inde, le 16 Octobre 2012

Par : Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan du Maroc

M. Ahmed Lahlimi Alami

Permettez-moi en premier lieu d’exprimer ma gratitude au Gouvernement de la République de l’Inde et mes vifs remerciements à l’OCDE pour leur invitation qui me permet, aujourd’hui,  de me retrouver dans ce grand pays dont l’humanité doit tant à la richesse de sa civilisation, à l’humanisme de sa culture et à son rôle dans la prospérité et la paix dans le monde. Je mesure le privilège qui m’échoit à cette occasion autant que la difficulté de la tâche qui m’incombe de rendre compte des travaux de la conférence africaine sur la mesure du bien-être et du progrès des sociétés.Cette conférence qui s’est tenue à Rabat du 19 au 21 avril 2012 a été, comme vous le savez, co-organsée par le Haut-commissariat au Plan et le Centre de Développement de l’OCDE en étroite collaboration avec le Partenariat statistique au service du développement à l'aube du 21e siècle (PARIS21), la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Commission Economique pour l'Afrique des Nations Unies (CEA). 

La participation à cette conférence d’éminents experts et responsables économistes, statisticiens et acteurs de la société civile, de différents pays africains, a donné, comme on pouvait s’y attendre, une richesse particulière à ses débats et à ses conclusions. 



Télécharger l'intervention (version française)


Télécharger l'intervention (version anglaise)



vendredi 12 octobre 2012

Intervention de M. le Haut Commissaire au Plan : Présentation des résultats de l'enquête nationale sur le bien être réalisée en 2012


Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan, Maroc

Pendant longtemps la croissance économique mesurée par le produit intérieur brut (PIB) a été l’indicateur de référence pour mesurer le niveau du progrès des sociétés. Depuis, le système de comptabilité nationale a réalisé des avancées de plus en plus profondes en termes de désagrégation des comptes et d’affinement des méthodes. Le revenu national brut, le revenu brut disponible ou encore ajusté permettent de mieux appréhender l’impact de la croissance sur le revenu des ménages et leur pouvoir d’achat. Cependant, malgré cela, ces indicateurs restent insuffisants pour rendre compte de la répartition sociale du revenu, des inégalités sociales et encore moins de la perception et du vécu de ces réalités par les ménages.
Ce décalage entre ces mesures objectives et le ressenti des populations n’a pas cessé de poser problème à une évaluation concrète des effets des politiques publiques en vue d’anticiper les crises et d’opérer les ajustements nécessaires de ces politiques. Les contestations sociétales d’envergure qui, aujourd’hui, accompagnent la crise dont le monde vit encore, et probablement pour longtemps, les prolongements, ont révélé le niveau de ce décalage. C’est ainsi qu’au sein de plusieurs instances nationales et internationales se sont développées des approches économiques et des indicateurs objectifs et subjectifs visant à mieux rendre compte de la réalité des conditions de vie de la population et de son ressenti.
Il ne me semble pas outrancier de faire ce lien entre la crise que traverse le monde depuis 2007 et l’intérêt croissant porté à ces approches et en particulier aux indicateurs du progrès social et du bien être. Rappelons, à cet égard, que le PIB comme indicateur de mesure du progrès des pays a été le produit de la grande crise des années 30 du siècle précédent dont le traitement, selon la théorie keynésienne, nécessite une stimulation de la production par une relance de la demande globale. L’indice de développement humain (IDH) a connu son audience dans le contexte de la crise de l’endettement des années 80 et des effets des ajustements structurels sur la situation sociale des pays en développement. C’est de la crise actuelle d’un système de production, de consommation et d’échanges, foncièrement inégalitaire et largement contesté qu’émerge, aujourd’hui avec une force croissante, l’exigence de mesurer le progrès des sociétés par référence à la qualité de vie et au bien-être des citoyens en complément des indicateurs classiques économiques et sociaux. La Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi réunie à Paris les 22 et 23 avril 2008, à l’initiative du Président français pour débattre des indicateurs du progrès ou encore le projet global de l’OCDE et plusieurs initiatives nationales ou internationales sont aujourd’hui quasi-unanimes à préconiser l’engagement dans cette voie. Il faut rappeler, à cet égard, que l’organisation des Nations Unies, de son côté, par la résolution 65/309 du 19 juillet 2011 « invite les états membres à élaborer de nouvelles mesures qui tiennent mieux compte de l’importance de la recherche du bonheur et du bien-être pour le développement afin d’orienter leurs politiques nationales ».

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